lundi 27 juillet 2009

Jours 10 et 11

Jour 10 : Mŷvatn – Dettifoss





Super soirée hier à la piscine naturelle en plain-air de Mŷvatn ! C’est comme le Blue Lagoon de Reykjavik, en moins connu : dans les rochers de lave noire, un lac naturel d’une eau bleue-turquoise laiteuse chauffée naturellement, entre 3
6°C et 40°C et plus suivant les endroits (air à 4°C à 21h). Les Islandais s’y rassemblent pour causer, avec une bière. La piste qui y mène est bordée de fumerolles, jusque dans les champs des moutons et les jardins, magique le soir. Absolument génial : on est restés dans l’eau entre 21h30 et 23h, avec coucher de soleil… D’ailleurs c’était peut-être un peu trop, on se sentait mal en sortant. Mais à lutter toute la journée contre le froid et le vent, on n’avait plus envie de s’en sortir… Vivement la suivante !

Ce matin on a émergé à 9h30 après une nuit au camping (l’heure de notre réveil est l’obsession de Jean-Paul depuis notre départ : chaque jour, pour une raison différente, on se lève systématiquement trop tard). Aline a survécu à sa nuit dans la voiture (dans le camping-car, où on se gelait déjà, on avait vaguement souci mais elle a mystérieusement déclaré le matin avoir « crevé de chaud » (?!)).


Départ pour le tour du lac Mŷvatn en voiture (2j en vélo). Région très spéciale : le tour du lac est très vert (il y a même… des arbres !) et très riche pour le nombre d’espèces d’oiseaux qui y nichent en été. En même temps il est à quelques centaines de mètres des déserts arides qui l’entourent, qui ont même été choisis par la NASA pour y entraîner leurs astronautes. Les déserts sont froids et venteux mais la région Mŷvatn – Akureyri jouit du climat le plus clément de l’île. C’est un haut lieu du volcanisme depuis le XIVe siècle, et les éruptions des années 1970-80 ont réveillé l’activité géothermique de la région. Une usine géothermique a par exemple été construite à Krafla (qu’on a visité hier), mais les secousses et éruptions lui ont souvent fait interrompre son activité. (Le guide dit du Krafla que « sa chambre magmatique menace à tout instant d’exploser »… très rassurant.)



Donc la journée a commencée (peu avant midi…) par l’ascension du cratère Hverfall, volcan explosif datant du XIXe aux allures de Kilimandjaro. Impressionnant, et vue sur le lac et ses pseudo-cratères, les autres volcans aux cimes enneigées, les solfatares de Námafjall et les coulées de lave tout autour… C’est l’un des beaux jours de la semaine mais on est quand-même passés par tous les temps : calme plat et soleil bien chauffant (ce soir on a tous des coups de soleils qui viennent d’on ne sait pas où), vent à décorner les bœufs, déluge, arc-en-ciel.


Après avoir dîné, goûté enfin au poisson séché (c’est extrêmement fibreux, on l’impression de manger de l’amiante pour isoler les murs) et épongé le litre de jus d’orange qui s’est renversé dans le camping-car, on a continué avec des sources chaudes dans deux grottes, l’une baignables (env.36°C je pense) mais l’autre à 60°C depuis que du magma l’a réchauffée il y a quelques années. Puis les « châteaux noirs », champ d’étranges formations de lave de plus de 10m. Malheureusement très touristique et tout aménagé, on préfère marcher dans les coulées moins théâtrales mais où on a l’impression d’être les premiers humains à poser le pied. On n’y a donc passé qu’un quart d’heure. Il faut dire que RIEN n’est payant en Islande, même ce qui est bien aménagé, on n’a pas l’habitude de ça…

On voulait faire un moment d’observation d’oies et de canards, mais une pluie diluvienne nous a poussés à terminer notre tour en voiture. En quittant la région de Mŷvatn et ses mŷ (= moucherons qui ne piquent pas) on s’arrête aux solfatares de hier pour les voir au soleil.

On s’engage sur une piste TRES cahoteuse (50km de nids-de-poule et de « tôle ondulée », nouveaux dégâts sur la remorque : entre autres, les boulons de la caisse militaire ont réussi à traverser le métal !). Elle nous mène à Dettifoss (= « la chute qui tombe », très original), la chute au plus grand débit d’Europe, et à quelques centaines de mètres de là à Sellfoss, large chute en fer-à-cheval. La piste traverse un immense désert de pierres à perte de vue, très impressionnant et très beau. On y arrive en fin d’après-midi, pas un touriste sauf une sympathique famille de Reykjavik. C’est l’un des plaisirs de l’Islande : peu de monde, des gens intéressants et avec qui on cause très facilement. L’homme était en petite chemise et sandale alors que Karin avait polaire, k-way chaud, bonnet et gants… Il nous a appris que les enfants ont 3 mois de vacances en été, quand il fait jour, et ils vont à l’école le sombre hiver. Il m’a fait en allemand une grande explication scientifique des chutes islandaises, j’ai même tout compris.

Voilà, après cette riche journée ensoleillée aux paysages très diversifiés, on dort dans ce désert glacial dans un creux de terrain sablonneux, avec un souper bien islandais : soupe aux légumes du coin, agneau et darnes de saumon sur le feu, selon les préférences de chacun. La nuit s’annonce froide…


Jour 11 : Dettifoss – Godafoss

…pas si froide, il n’a pas venté.

La suite de la piste pour mène à de très beaux rochers immenses
d’orgues basaltiques en tous sens (tubes hexagonaux comme des cristaux formée par le magma lorsqu’il refroidit lentement).
Par contre, suite des dégâts : les fixations de la caisse sur la remorque ont complètement lâché, elle pendait à la sangle, et la planche qui soutenait les vélos s’est cassée… Bref, catastrophe. Nouvelle organisation donc : voir la photo ! (le vélo de Yann va dans le camping-car, donc on n’a vraiment plus de place du tout.)










Après s’être enfin sortis de nos 55km de piste dans un désert qui est lentement passé de rocailleux à buissonneux, on prend la belle route côtière qui nous mène à Husavik, village important au nord, en passant à quelques dizaines de kilomètres du cercle polaire. C’est la fête du village, les habitants l’ont entièrement décoré de rubans et bonbons géants, oranges au nord, vert au centre et rose au sud.
















Départ en beau bateau en bois pour… le Whale Watching ! Les cotas européens ayant privés les Islandais de la chasse à la baleine (ils en chassent encore à peu près 200 par année), ils se rattrapent sur le tourisme. On aurait pu être très déçus, ça a pas été le cas : sur trois heures dans la baie, on a vu un petit rorqual (10-15 mètres)assez farouche, puis une baleine à bosse ! Elle se plaisait vers les deux bateaux, on a pu la suivre pendant une demi-heure ou une heure… Elle plongeait pendant 2-3 minutes, puis réapparaissait jamais loin mais impossible de prévoir où. Quand on ne la voyait pas, le bruit de son souffle nous prévenait… Deux fois elle a apparu à 5 et 10 mètres du bateau, très impressionnant.


Après une tentative de photographier les oiseaux des bruyères, comme les sternes autour de leurs nids m’attaquaient violement, on termine la journée par un bain chaud naturel à la mode islandaise, qui nous laisse complètement raplapla. Un bassin à 37°C, un à 41,5°C et vestiaires chauffés dans un container, pas très esthétique mais avec vue sur la mer, les montagnes enneigées de l’autre côté du fjord, le soleil bas et le vol élégant des sternes…

5 commentaires:

  1. Hello c'est cool d'avoir des nouvelles de vous comme ca! Ca nous permet de faire la causette avec Rodg qui vient souper ce soir chez ns. Nous on est rentré et ca fait plaisir d'avoir enfin deux jours de beau consécutifs. J ai passé l'adresse du blog aux amis Ojiens pour qu'ils puissent suivre les calvaires du Yann. bonne suite de vacances

    BUBU

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  2. "Voyager : cent fois remettre sa tête sur le billot, cent fois la reprendre dans le panier pour la retrouver presque pareille."

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  3. Les WC du Montpugin ont dit...

    "Regarde vers les cieux et compte les étoiles si tu le peux"

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  4. Vaux mieux ne pas se plaindre, les touristes en Islande ne sont que peu nombreux, attendez-vous au choc quand vous reverrai Le Locle. L'invasion est grande, les touristes viennent en nombre. Depuis l'adhésion à l'UNESCO les restaurants sont complets, le trop petit train touristique se transforme en train archibondé d'Afrique du sud, le camping se voit obligé de refuser la venue de nouveaux campeurs, la piscine déborde, le récent robinet sensé réguler le trafic asperge la ville de ses nombreuses et encombrantes voitures. Les restanrants se sentent désormais obligés de traduire leurs cartes en suisse-allemand et en japonais. Alors profitez de ces plaines désertes et comme vous le soulignez, vous qui n'aimez pas les coins touristiques, pensez dès à présent à vous instaler sur cette île inviolée.

    Un loclois qui vous veux du bien!

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  5. J’espère que la bière Islandaise est bonne, car comme dit le célèbre proverbe:

    Il vaut mieux être saoul que con !

    Un autre loclois qui vous veux du bien!

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