Jean-Paul, qui trépigne tous les jours d’impatience dès 7h du mat alors qu’on émerge vers 9h30, ne peut pas se retenir et part faire un sommet de 7h à 10h. Comme on avait aussi prévu de la faire, moi et Karin le faisons entre 11h et 14, avec redescente de l’autre côté, au soleil, dans des paysages surprenants même sur une courte distance. Absolument magnifique.
Le sommet de la classe de ce haut lieu géothermique est, au camp de base, sa rivière limpide au milieu de l’herbe verte, chauffée naturellement de 30 à 40°C et plus ! On en a donc tous bien profité, grand moment des vacances, avec les moutons qui broutent à quelques mètres… Le plus étonnant est que l’es n’est pas chauffée plus haut et arrive par courants, mais que c’est le sol qui la chauffe ! Il est normal où l’eau est à 30°C, et quelques mètres plus loin, on le sent chaud, et si on creuse 3 cm dans les graviers avec les doigts on se brûle presque ! C’est l’un des moments où on s’est le plus rendus compte du magma proche, plus même que vers les solfatares… On est aussi très étonnés que de telles piscines naturelles aient exactement la bonne température pour l’homme : entre 30 et 40°C sans intervention de l’homme, alors qu’il suffirait d’un rien pour qu’elles aient 55 ou 70°C…
On reprend la piste, en la continuant vers l’est. Cette partie est en meilleur état, des bosses bien sûr mais pas de tôle ondulée, et des dizaines de passages à gué (pas bien méchants sauf un où on a bien cru y rester plantés), une centaine de lents kilomètres dans des paysages sublimes, au soleil. (La lumière fait énormément pour apprécier un paysage dans le Nord)
Après des heures de route, on arrive dans l’immense plaine à l’est de Vik, petit village de la côte sud. Elle consiste, à l’intérieur des terres, en une vielle coulée de lave moussue et plate sur des centaines de kilomètres ; puis elle se transforme en une plage noire de 3km jusqu’à la mer. Le paysage est donc entièrement plat à perte de vue à l’est, au nord et au sud (on aperçoit les falaises de Vik au loin à l’ouest). Là, à la jonction entre la lave et la plage, au milieu de rien, se dresse un énorme rocher tabulaire d’environ 1 km de long. On choisit de se planter contre lui pour la nuit. On y trouve une petite grotte où on a mangé à l’abri du vent, une cabane-refuge pour les naufragés et, dans une grande grotte à côté, une quinzaine de Suisses ! Un groupe en voyage organisé, mené par le géologue genevois qu’on a vu à Passe-moi les Jumelles il y a quelques mois dans une émission sur l’Islande, et l’islandaise, aussi dans l’émission, qui chantait le soir avec sa guitare ! Le monde est décidément petit…
On a donc terminé la soirée avec eux, avec des chants islandais devant le feu de bois flotté qu’ils ont trouvé, dans cette énorme grotte au milieu de rien…
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